Le fléau

Le Fléau – 2014/2015
Longueur environ 120 cm, largeur 70 cm, Hauteur 110 cm

Bois, mousse expansive, papier, grillage, fer, papier mâché et cellulose de bois, mâchoire en résine, oeil de verre, fibre de coco, paillette et feuille d’or, peinture acrylique , tissu, carton, plume et vernis
Imaginé en 2012, le projet « Le fléau » a pu être réalisé en 2014 et exposé en 2015 grâce à la bourse individuelle à la création décernée par le DRAC Bretagne.

« Avec Le fléau, les hyènes de Maël Nozahic s’échappent du tableau pour prendre forme dans l’espace: apparition surprenante de ces bêtes au pelage doré, maquillées et déguisées par les soins de l’artiste, dans un geste plein d’ambiguïté oscillant entre embellissement, camouflage et trucage.
Les cinq membres de la meute agressive, gueules ouvertes, dents acérées, affichent ainsi divers attributs festifs. L’une, la gueule blanchie et la dentition menaçante cernée d’un liseré rouge, porte un nez rond et un chapeau pointu. Voici le clown, ce paysan ou bouffon du théâtre anglais, cet artiste de cirque qui s’échine à faire rire son audience par ses pitreries, parodies et dérisions. Une autre hyène affiche une queue multicolore et sur son cou, des triangles colorés émergent de son pelage et l’identifient à l’arlequin_: autre personnage comique, cette fois-ci de la scène italienne. Une troisième arbore une fraise volumineuse, cet élément de costume apparu en Europe à la Renaissance. La collerette plissée, rigidifiée, encombrante_n’est pas sans rappeler la démesure et le ridicule de certains costumes d’apparat. On glisserait aisément du «_bouffant_» de l’étoffe au «_bouffon_» et les personnages satiriques d’un Molière ne sont pas loin. La quatrième du groupe évoque d’autres contrées et semble incarner le fantasme d’un sorcier vêtu de plumes, le visage masqué par des cauris et des éclats de miroir, formant alors une image emprunte d’exotisme d’une sauvagerie venue d’ailleurs.[…]
Quant à l’attribut du cinquième acolyte de la meute de Maël Nozahic, il s’agit du manège, objet récurrent dans son travail. Il renvoie à la fois à l’art du dressage en équitation, à l’utilisation et à la rationalisation de la force d’un animal, à un enchaînement témoignant de la virtuosité du danseur, ou encore à la mise en scène d’un divertissement qui semble bien plus destinée au regard des parents et passants qu’aux enfants eux-mêmes, pris dans cette ronde. Le manège, c’est aussi une boucle absurde, sans fin, sans destination. Il est ici miniaturisé et réduit à un couvre-chef, accessoire porté avec insolence par la dernière de la bande. »
Sou-Maëlla Bolmey, critique d’art, texte pour « Nos années sauvages: Insurrection »